« Le Dasein découvre son monde-ambiant immédiat : il s'oriente en son monde, sans que chaque mode de cette orientation soit explicité. [...]. Cette orientation est au sens le plus large φρόνησις (phronèsis), comme l'ont en propre les zoa, les animaux. » [GA 19, 129, tr., 127]
Platon : Le sophiste – cours du semestre d'hiver 1924-1925
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« Une telle caractérisation de l'être de l'homme [celle d'Aristote] entend montrer que l'homme est capable de s'orienter selon une modalité spécifique, supérieure à celle de animaux. Cette orientation comporte elle-même plusieurs degrés. [...]. Les animaux ont tout d'abord une simple αισθησις (aisthesis), beaucoup ont également une μνήμη (mnené), une capacité de retenir; μνήμη (mnemé) ne signifie pas ici le souvenir, mais le fait de penser à quelque chose au sens le plus large du terme ; une telle μνήμη (mnené) ne requiert pas un λόγος (logos) ou un νοείν (noein). Sur la base de cette faculté de retenir (Behaltenkönnens), les êtres vivants possèdent une certaine φρόνησις (phronèsis), φρόνησις au sens large, une certaine sûreté de l'orientation (Sicherheit der Orientierung). Quant aux animaux qui peuvent entendre, ils ont en même temps la possibilité d'apprendre en un certain sens; on peut les dresser. La μνήμη (mnené) qui, entendue sous cette forme très générale, est déjà présente chez les animaux, joue un rôle fondamental dans l'élaboration de la technè en tant que mode d'orientation propre à l'homme. »
Platon : Le sophiste, cours du semestre d'hiver 1924-1925
[GA 19, 71-72; tr., 74-75]